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Institut national d’études pour le développement du Bas-Congo . Institut d'Inga

 Personne morale

Dates

  • Existence: 1957 - 1960

Biographie

Le fleuve Congo possède sur un de ses tronçons, autour du plateau d’Inga (Nord-est de Matadi), des rapides qui créent une chute de 100 mètres sur une longueur de 26 mètres. Il représente donc un des sites d’énergie hydroélectrique les plus puissants au monde. L’idée d’exploiter cette énergie ne se fait pas attendre. Afin de mettre sur pied ce projet d’exploitation, de nombreuses études sont nécessaires. De 1927 à 1931, des prospections et études de la société « Syneba » sont dirigées par P. Van Deuren. En 1952, « Sydelco » établit à Inga une équipe de spécialistes chargés d’effectuer des relevés hydrographiques, géologiques, et topographiques. Parallèlement, divers services du Gouvernement général s’investissent dans une plus grande connaissance hydrométrique scientifique du fleuve. En 1956, le Ministre des colonies Buisseret rédige un cahier des charges pour un concours d’idées sur l’aménagement d’Inga. Ce cahier des charges est adressés à quatre bureaux : CADIC « Compagnie Africaine des Ingénieurs-Conseils, COMINIERE (Société commerciale et Minière du Congo), SYDELINGA (Société d’étude de l’aménagement hydroélectrique d’Inga) et V.B.B. (Vattenbygnadsbyran, Stockholm). Ce concours d’idées est ensuite transformé en une consultation qui débute en avril 1957. Un Comité d’experts, composé de spécialistes belges et étrangers, est mis sur pied afin de d’évaluer les rapports remis par les 4 bureaux. Le Comité remet au Ministre son rapport collectif en septembre 1957. Ce rapport est avant tout technique et ne répond pas précisément à la question de savoir qui va utiliser cette énorme quantité d’énergie. Les possibilités d’utilisation de l’énergie évoquées dans le rapport (producteurs d’aluminium, de titane, de magnésium,…) ne font pas l’objet d’études économiques parallèles, notamment sur l’écoulement des dites production au départ du Congo. Le rapport des experts aligne surtout des chiffres théoriques, parfois en surévaluant la production d’énergie possible. Une institution « ad hoc », l’Institut national d’études pour le développement du Bas-Congo – plus connu sous le nom d’Institut d’Inga – est créée par arrêté royal en décembre 1957. Elle est chargée de poursuivre le travail des experts et de présenter au Ministre des propositions élaborées en vue de passer à l’exécution du projet d’aménagement. Ces propositions se rapportent à tous les aspects du projet : technique, financier, urbanistique, économique, humain et social. Mais l’Institut d’Inga a surtout été le « porteur institutionnel » de la démesure d’Inga. Le premier utilisateur intéressé par la future production électrique d’Inga, le syndicat belge de l’aluminium (ALUMINGA), est vite refroidi par l’institut qui refuse de ramener le développement d’Inga à un stade plus modeste et lui demande d’investir des sommes qu’il n’est pas prêt à débourser. L’Institut et ses visionnaires passent donc à la trappe début 1960. Seul l’Établissement public d’Inga reste en course. En mai 1960 il envoie des représentants à Washington pour présenter le projet à la Banque Mondiale. Début juillet 1960, Il tente de négocier avec la BIRD et le gouvernement congolais un financement afin d’effectuer les travaux préliminaires. La BIRD accepte si des usines d’aluminium s’installent sur le site. Mais ces dernières ne veulent se lancer dans aucun projet sans avoir l’assurance du financement de la BIRD. Le cercle vicieux est ainsi bouclé et l’espoir nourri par la Belgique et les autorités congolaises de réaliser Inga à bref délai s’évanouit lentement. Par la suite, la débâcle congolaise repousse l’exécution du projet à un avenir beaucoup plus lointain.
Sources : CAMPUS F., Inga, Bruxelles, 1957, pp.398-403 ; PIRENNE J.-H., Histoire du site d’Inga, Académie royale des Sciences coloniales, Mémoires in 8°, t. VI, fasc. 3, Bruxelles, 1957 ; WILLIAME J.-C., Zaïre, l’épopée d’Inga. Chronique d’une prédation industrielle, Paris, L’Harmattan, 1986, p. 29-41. ZIMMER O., La production d’électricité en Afrique : le cas des barrages d’Inga, Mémoire en vue de l’obtention du grade d’Ingénieur de gestion, Promoteur : E. De Keuleneer, ULB, 2006-2007.

Trouvé dans 1 Collection ou document:

Fonds Institut national d’études pour le développement du Bas-Congo

 Fonds
Identifiant: HA.02.0010
Résumé Très nombreux rapports d’experts (provenant du Comité d’experts ou des bureaux d’études) relatifs au projet d’aménagement hydroélectrique d’Inga. La plupart de ces rapports sont commandités par ABELINGA (Association belge pour l’étude de l’aménagement hydroélectrique d’Inga) ; Comptes-rendus et procès-verbaux de réunions et séances du Comité d’experts et d’ABELINGA ; Correspondance avec de nombreuses sociétés au sujet de l’aménagement du site d’Inga ; Études sur divers aspects intervenant dans...